Pour notre deuxième journée à Huaraz, nous avions programmé à l’avance une deuxième expédition au parc de Huascaran. Idéal pour compléter le trek de la Laguna 69.

 
Nous avions choisi ce second tour pour la hauteur proposée (5400m). Mais nous n’avions pas lu toute la description de la journée. Il s’agissait plutôt d’un tour d’acclimatation à l’altitude que nous aurions dû faire le premier jour (ou ne pas faire).

Parc Huascaran : une animation locale

Motivés et pleins d’entrain, nous nous rendons tôt au départ de cette seconde aventure mais nous déchantons assez vite. Si la veille, nous étions dans un mini bus entourés de personnes équipées de chaussures de marche et de fringues de compétition. Ce matin, nous nous retrouvons entourés d’ados et de familles en basket et survêtement Nike des années 90. Soit, nous écoutons le guide nous raconter l’histoire de la vallée, les gens du bus comprennent vite que l’on est Français. Et lorsque le guide parle de cette entreprise Française qui a pollué la rivière dans les années 80, ils nous ont regardé d’un air agressif.
Nous comprenons rapidement que ce tour est destiné aux locaux qui souhaitent connaître l’histoire de leur vallée et qui s’offrent une journée de détente.
Le premier arrêt, un restaurant, le but, commander les repas pour la fin de la journée… Si ça c’est pas de l’attrape couillon! Raté, nous avions préparé de délicieux sandwich, jambon, tomate, chorizo, mayonnaise et personne ne nous aurait !
Les 3 arrêts prévus au programme étaient chronométrés et uniquement destinés à la prise de photos. Le plus ridicule, une zone de peintures rupestres. Là bas, le bus s’arrêtait le long d’une falaise pour que nous puissions regarder le chef d’oeuvre de 5cm de diamètre.

Tour de Huaraz à Pastouri, du positif tout de même !

Malgré mon dramatisme à toute épreuve, on retiendra de belles choses de cette journée dans la vallée de Huaraz. Pas tant pour les petites escales pré-programmées mais pour le paysage environnant.
Durant ces 2h30 de montée, nous évoluons dans une grande vallée verdoyante. Un mélange de pampa Argentine et de Steppes Mongoles.
Cette vallée entourée de montagnes enneigées était l’habitat de populations Andines vivant de l’élevage. On y voyait de nombreuses maisons de pierre aux toits de paille et d’enclos en paille. Au hasard d’un vallon, on voit un berger surveiller ses vaches et ses chevaux en totale liberté.
habitations de berger parc de huascaran
Habitations et élevages dans la pampa de Huascaran
Nous évoluons dans la “Pampa Pumas” une zone ou vivent encore des pumas dans ce parc naturel de Huascaran. Un arrêt nous amène à une source naturelle d’eau gazeuse (un trou d’1m de large).
Source d'eau gazeuse parc de huascaran Pérou
Pampa pumas, et source d’eau gazeuse, parc de huascaran
Un peu plus loin, nous découvrons les Puya Raimondi. Une espèce de plantes qui ne poussent qu’au Pérou grâce à son micro climat très particulier. Les novices vous diront que ça ressemble à un espèce de gros cactus avec une boule de yuka à sa base, ne les écoutez pas! Ces arbres uniques au monde peuvent atteindre 15 m de haut et font en moyenne entre 4 et 8 m.
plante puma raimondi parc de huascaran pérou
Puya Raimondi, à gauche enfant, à droite adulte

La coca, le médicament contre l’altitude

On nous avait déjà parlé de la Coca, les feuilles de Coca plus exactement, aujourd’hui nous avons testé toutes les formes de coca pour affronter les 5400 m qui nous attendaient. Pour commencer nous prenons un Maté à la coca, une infusion aux feuilles de coca, puis nous achetons des bonbons à la coca et pour finir des feuilles de coca. Nous avons gentiment bu, sucé et mâchouillé tout ça toute l’après midi pour nous prémunir de tout problème du à l’altitude lors de la montée au glacier de Pastoruri. Selon notre guide, nous prenions de la coca et que nous parvenions à escalader ce sommet aucun autre sommet au monde ne nous résisterait, il nous appelait d’ailleurs les cockeros !

Montée au glacier de Pastoruri au parc Huascaran

Après 2h30 de montée (1h de route et 1h30 de piste avec un bus de voyage) nous arrivons enfin à cette dernière ascension. Elle est réputée dans le région de Huaraz : le glacier de Pastoruri. Nous arrivons à 5000m au pied de l’ascension et le temps commence à se gâter. Il se met à neiger sérieusement, virant par moment à la tempête de neige. Étrangement, nous sommes les seuls à être partis à cet instant là.
montée au glacier de pastoruri sous la neige Pérou
Montée au glacier de Pastoruri – Huascaran Pérou
La montée n’était pas très longue (50 minutes) mais la neige qui nous fouettait le visage. Les 4 degrés ambiants et l’altitude ont rendu la tâche un peu plus compliquée.
L’altitude n’a pas eu le même effet que sur le trek Laguna 69. Nous nous étions habitués au souffle plut court et aux pulsations plus rapides mais aujourd’hui on ressentait une impression de tête qui gonfle. Alexandre et moi avons mâché une quantité impressionnante de coca. À tel point que notre langue et nos joues étaient insensibilisées mais son effet nous a quand même apaisé.
Pour les touristes confirmés, il était possible d’effectuer la moitié de la montée à cheval.
montee à cheval glacier pastoruri Pérou
Il y avait pour les plus courageux la possibilité de monter à cheval
quechua et so cheval au glacier pastoruri
Quechua et poney vous attendaient bien sagement (parce que c’est la vie!)

Découverte du lac gelé et du glacier de Pastoruri

Après ces 50 minutes de marche sous la neige (nos chaussures en gore-tex totalement étanches) nous arrivons sur un superbe panorama, un glacier surplombant un lac d’eau pure et juste à côté un lac gelé. Dans le même temps que nous découvrions cet exceptionnel paysage de montagne, nous entendions un tonnerre du diable (ou de Brest pour les bretons) nous balançait sa tempête de neige.
glacier de pastoruri Pérou 5400m - parc huascaran
Glacier de Pastoruri et son lac d’eau pure – 5400m
lac gelé près du glacier de pastoruri au Pérou
Lac gelé au glacier de Pastoruri, Huascaran Pérou
aventuriers cochonou près du glacier de pastoruri - huascaran
Un glacier sans son bob cochonou ce n’est pas un VRAI glacier

Dans le même temps que nous découvrions cet exceptionnel paysage de montagne, nous entendions un tonnerre du diable (ou de Brest pour les bretons) nous balançait sa tempête de neige (plutôt de la Grêige en fait).

tempête de neige au glacier pastoruri - huascaran
Tempête de neige, glacier de Pastoruri, parc de Huascaran
Etape suivante: Nous voulions nous rendre à Pisco côte sud de Pérou sans passer par Lima car la capitale ne vaut vraiment pas le coup paraît il, mais comme elle se trouve sur notre route, nous allons l’ajouter à notre liste et y passer une nuit, y vivre une nuit!
Check List: Encaisser une tempête de neige à 5400 m d’altitude: CHECK