Après notre épopée carnavalesque d’Oruro, nous poursuivons notre route en direction du parc National de Sajama un peu en dessous à l’Ouest de la Paz.
Entre temps nous dormons à Patacamaya, l’une de ces espèces de villes fantôme située au bord de l’un des seuls grands axes. Une soirée total repos sans électricité à diner à la chandelle.
Le lendemain nous partons pour Sajama dans un collectivos, les places sont rares et nous finissons à 16 dans l’un de ces petits Toyota pour les 3h45 de route qu’il nous restait. Pour la seconde fois du voyage, l’un de nous (l’histoire ne dit pas qui) demande affolé au conducteur de s’arrêter « Conductor, Conductor, es posible de parar? » pour subvenir à un problème gastrique qui commence à devenir gênant.

Sajama, ville déserte au milieu du désert

Nous partions donc pour Sajama dans l’objectif de découvrir le plus grand parc national de Bolivie, après 4 jours passés sur le qui-vive et sans Internet (Oh mon dieu!) (Que veux tu les aventuriers 3.0 sont exigent). Je ne sais absolument pas pourquoi mais je m’imaginais arriver dans un lieu plutôt touristique avec douches chaudes, Wifi et cyber café… Que dalle ouais!

Nous quittons la route principale qui rallie La Paz au Chili pour nous enfoncer dans le désert sur un petit chemin pourri, le bruit des graviers fouettant la carrosserie du petit Toyota rouge et les Lamas nous regardant d’un air dubitatif cela ne faisait qu’accentuer notre crainte…

 

Nous arrivons donc à Sajama, l’équivalent de Maisoncelles en plein désert au milieu de rien! Adieu Wifi, Adieu bars à ambiance et adieu camions de madras. Nous atterissons dans un petit hébergement très sommaire, matelas en béton, pas de douche et toilettes dans la cour, mais nous commençons à nous y faire et cela ne nous inquiète pas. La très gentille petite mama qui tient l’Hôtel Pachamama nous propose de nous faire à manger le soir et nous donne toutes les indications pour notre journée du lendemain, nous voilà parés!

 

Nous tentons tout de même un très bref tour du village pour y découvrir cette curieuse église en terre, seule curiosité du village. On peut même monter dans son clocher et jouer avec les cloches, ce que je n’ai bien évidemment pas pu résister à faire.
 
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Eglise en terre, ville de Sajama, Bolivie

Parc national de Sajama, Geysers et baignade en rivière

Nous partons tôt le matin pour une journée de marche annoncée autour de 20 km, mais c’était sans compter que personne n’a jamais mesuré les distances dans ce foutu désert, et qu’aucun habitant ne donne les mêmes informations.
Dès le début de la marche et pour tout le reste de la journée, nous nous retrouvons projetés dans un environnement complètement lunaire, entourés de montagnes et volcans aux sommets vertigineux et constamment observés par des Lamas
 
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Volcans et Lamas, c’est ça Sajama
Nous partons donc dès le matin pour notre première escale, les Geysers du parc de Sajama, ils sont la voie respiratoire des volcans qui entourent le parc. Nous arrivons sur une plaine remplie de petits geysers rejetant tantôt une odeur de vase et tantôt une odeur d’œufs pourris (charmant).
 
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Vapeurs sortant des Geysers, parc national de Sajama
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Geysers colorés par les minéraux, Sajama

 

 
 
Ces geysers certes très jolis n’étaient pas non plus très impressionnants, même ridicules en comparaison des geysers du volcan Sol de Manana près d’Uyuni. Néanmoins ils offraient de jolis mélanges de couleurs dans ce paysages montagneux de l’Altiplano Bolivien.

 

 
MAIS (parce qu’il y a toujours un Mais) ces Geysers nous ont offert un tout autre divertissement, leur température atteignant probablement plus de 100° provoque un réchauffement naturel de la rivière à proximité. C’est ainsi qu’a 9h30 du matin, 3 aventuriers Français se retrouvèrent en Slip à 4300m d’altitude…

 

 
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Rivière à l’eau chaude aux Geysers de Sajama, sans oublier le BOB !

Désert de Sajama: Comment se perdre sans se perdre?

Après cette pause détente aux geysers du parc de Sajama, nous partons en direction des eaux thermales situées, techniquement (théoriquement) à 5 km des geysers. Suivant la carte qu’un éleveur de Lama m’avait tracée au sol avec un bâton, nous partons sur un morceau de chemin en direction des thermes.
Après 2 heures de marches nous nous demandons tout de même si nous allons en sortir vivant de ce fichu désert. On ne peut pas dire que nous sommes perdus car au loin nous voyons le village de Sajama et aux alentours nous apercevons des maisons. Le vrai problème étant l’appréciation des distances dans cette vallée lunaire. Distance que d’ailleurs personne ne connaît vraiment.
Sans baisser les bras, nous continuons dans la direction votée par le conseil des trois cochons et profitons simplement du paysage. Entre désert et montagne, nous côtoyons le plus haut sommet de Bolivie, le volcan Sajama recouvert d’une épaisse couche de neige. Le volcan Sajama culmine à 6500 mètres (à quelques licornes près) et je peux vous dire que c’est fichtrement impressionnant!
Nous avançons constamment entourés de Lamas, Alpagas et autres Vigognes qui constitue l’activité principale de la région, pour leur viande et leur laine. Au détour d’une dune, nous observons même quelques espèces très rares.
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Homo-Quatre-Pattus, espèce très rare au pied du Volcan Sajama
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Famille de Lama qui nous accompagne dans notre traversée du Désert de Sajama
Malgré l’abrutissante chaleur ambiante et nos réserves d’eau qui commencent sérieusement à diminuer, nous profitons tout de même de la vue pour quelques arrêts sur image.
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Arrêt sur image, Parc Sajama, le repos du Guerrier
Nous croisons aussi sur notre route des petits villages d’éleveurs, complètements typiques et carrément rustiques, mais on ne peut que tomber sous le charme de ces petites habitations en terre se fondant dans le désert.
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Maisons en terre, Parc national de Sajama
Tiens une petite anecdote qui vous fera sûrement rire, et moi pas du tout, un villageois (CF: Age Of Empire) nous certifiait la veille que nous pourrions manger à l’hébergement situé près des sources thermales, nous partons donc la fleur au fusil après avoir mangé un hamburger à l’œuf et à la tomate en guise de petit Dej. je vous laisse imaginer que comme par hasard, la personne s’occupant de faire à manger n’était pas présente ce jour là. 8h30 – 16h30 le ventre vide, j’aurais pu bouffer mon cheval… si seulement j’en avais eu un!

Sources thermales du parc national de Sajama

Après maints efforts, une dizaine de clôtures escaladées et après avoir échappé à des lamas, nous arrivons enfin aux sources chaudes du parc national de Sajama, deux trous d’eau pas vraiment impressionnants mais après ces 4,5 premières heures de marches nous avons plutôt apprécier patauger dans une eau à 35° avec une vue imprenable sur le volcan Sajama.
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Aventuriers dans les sources thermales avec vue sur le Sajama
Nos jambes déjà bien lourdes et une légère impression de s’être fait enfler sur les distances, Alex et moi repartons vers le village de Sajama annoncé à 1h de marche. Johan quant à lui s’entête à poursuivre en direction d’un lac situé à 1h dans la direction opposée au village.
Au final, Alex et moi avons marché 6h (oui il y avait plutôt 1h30 pour le village) et Johan est rentré éreinté après 8h de marche. En faisant une moyenne nous avons marché 24 et 34 km ce jour-ci, sans assistance et sans manger…La vie d’aventurier n’est pas tous les jours facile!
Etape suivante: Après cette découverte du parc de Sajama, nous rejoindrons la Paz pour se faire cette tant attendue descente de La Route De La Mort (tremblez petites mamans, vos fils sont fous!) .
Check-List: Se faire pourchasser par des Lamas dans un champ: CHECK