Après avoir passé déja 2 nuits et 2 jours sur le Maroni, nous commençons à bien nous adapter au mode de vie des « gens du fleuve ». Comme on dit chez nous c’est « petite vitesse et grand doucement », en métropole, on dirait que les gens d’ici passent leurs journées à glander ou à zoner mais au fond pas forcément (enfin pas tous), leur vie est rythmée par les arrivées de pirogues, les arrivages de nourriture et la saison des pluies les freinent également.

 

Une nuit à Grand Santi, parbo bier et boudin créole

Nous avons donc passé la nuit à Grand Santi, dans le carbet communal, nous avons rencontré 2 chargés de travaux qui assuraient le suivi de la construction du collège et de la déchetterie et qui eux aussi dormaient en carbet puisque pas d’hôtel sur place. Comme repas du soir, nous avons dégusté un plat de poulet avec sa salade de choux et riz ainsi que du boudin créole au poulet (plutôt épicé) accompagnés de quelques litres de Parbo Bier, la bière nationale du Suriname. La nuit s’annonçait paisible jusqu’à ce que je constate que le lieu était infesté de moustiques (plutôt problématique dans une zone à risque de paludisme), ayant oublié ma moustiquaire et n’aimant pas dormir dans mon duvet, j’ai rencontré quelques problèmes.. Notre traitement contre le palu n’étant pas efficace à 100%, je peux m’estimer heureux si je ne le contracte pas. #SaloperieDeBestiole

 

piqures de moustiques sur le maroni en Guyane
Au réveil à Grand Santi une 50 aine de piqures de moustiques sur les bras et le visage
On peut constater l’efficacité de ton bracelet anti-moustique Elodie ! « Ah ben oui c’est très efficace »

 

Le stop pirogue, entre attente et négociations

Suite à cette jolie soirée et cette nuit enchanteresse, dès le lendemain matin nous reprenons le chemin du fleuve et nous nous adonnons à notre nouvelle passion le stop-pirogue en s’attaquant cette fois ci à un tout nouveau type de problème! Après le rythme modéré de la vie sur le fleuve, nous nous attaquons à la lenteur diplomatique des chargements de pirogue..
Je vous raconte…
Cette fois, on s’y prend un peu en avance pour ne pas tomber sur le tout dernier piroguier et s’assurer une journée tranquille, à peine arrivés à l’embarcadère, je repère un piroguier de fret, le sourire aux lèvres je vais vers lui, il m’annonce que l’on part bientôt et qu’il nous fait 50 au lieu de 60. (La technique de fixation est plutôt douteuse d’un point de vue marketing).
Après 30 minutes d’attente je vois un autre piroguier, je vais vers lui, « ton collègue nous propose 50 pour 2 personnes, est-ce que tu nous prend à 40? » « Oh non t’es fou, à 40 je vous prends pas, aurevoir »
(A noter tout de même que ces piroguiers ne se font que du « bonus » en prenant des passagers..)
Nous reprenons donc notre attente auprès du premier pilote, après 1h30 d’attente il nous dit « on part dans 2 minutes (là c’est inquiétant en général) .
Après 2h d’attente il nous dit de monter, tout sourires nous embarquons dans cette pirogue plutôt vide hormis 20 caisses de bières consignées. La crainte était fondée, quelques mètres plus loin la pirogue s’arrête pour entamer son chargement..et pas des moindres, une cuve de 3000 litres. Attente totale 4 heures 30.
chargement de pirogue de Fret sur le Maroni en Guyane
Chargement improbable de notre pirogue de Fret, 4h au rythme du fleuve
Le support de cuve n’étant pas encore chargé

Une rencontre inattendue au carbet municipal d’Apatou

La énième surprise que nous a réservé notre rodrigo national, à priori il ne connaissait pas le fleuve.. il était aux commandes mais c’est un jeune de 17 ans qui le guidait et complétait les manœuvres difficiles! Autant vous dire qu’il nous a gentiment offert quelques frayeurs.
Après 4h de pirogue nous arrivons à destination, d’ailleurs un peu tard donc nous n’avons pas pu profiter du village.C’est en arrivant au carbet municipal que nous avons la surprise de découvrir que des jeunes étaient installés avec leurs hamacs, une classe du lycée technique MATITI spécialisée en aménagement du territoire en virée avec leurs professeurs.
Rencontre dans le carbet municipal d'Apatou en Guyane
Un carbet bien plein dans lequel nous avons trouvé une place de choix: au milieu des ronfleurs
Les préjugés de tout humain normalement constitués; lycéens = bordel = mauvaise nuit, n’étaient pas du tout fondés, nous avons sympathisé le soir avec les professeurs qui nous ont donné de bons conseils pour les jours à venir et nous ont même proposé de nous emmener jusqu’à notre prochaine destination, nous trouvant même une adresse de choix pour la nuit suivante.
Après une très bonne nuit, malgré les ronflements de l’un de ces professeurs (l’histoire ne dit pas lequel..) nous sommes donc partis tôt le lendemain matin avec eux en voiture avec chauffeur s’il vous plaît et Arnaud le professeur en aménagement nous a donné tout un tas de conseils pour notre road trip en Amérique du sud.
lycée technique matait Guyane
Lycée Technique MATITI à Macouria, merci du coup de pouce

Juste avant de partir d’Apatou, nous avons assisté au débarquement des élèves qui arrivent par pirogue pour aller à l’école, un ballet impressionnant les gilets de sauvetage orange, les bateaux bleus et noirs et le fleuve en toile de fond. Nous avons des bus, ils ont des pirogues ! NORMAL

Ecoliers en Pirogue à Apatou Guyane
écolier arrivant en pirogue sur le Maroni – Guyane

Suite à cette nuit en carbet à Apatou, nos nouveaux collègues Arnaud (Arno pour les mails) et Gilles nous ont déposé à 5 km de Saint Laurent (embouchure du Maroni) au village amérindien de Terre Rouge ou nous avons dormi dans un carbet fort sympathique entourés de Gekos et de Chauve souris!

Retrouvez le début de notre descente du Maroni de Maripasula à Grand Santi

La suite du programme, balade à Saint Laurent du Maroni, marché et vestiges du bagne.

Check-List: Voyager dans une pirogue remplie d’essence et de bouteilles de Gaz: CHECK